Samedi 29 juillet 2006

L’État, aujourd’hui, n’apparaît plus comme le maître des évolutions de notre temps ; il semble avoir perdu la maîtrise de l’économie, des évolutions sociales et même des bouleversements géopolitiques. Parallèlement, il a aussi perdu la confiance des citoyens.

De plus, les citoyens ont beaucoup changé au plan de leurs attentes sociales. L’État est désormais perçu avant tout comme pourvoyeur de services, tandis que l’autorité institutionnelle est de plus en plus contestée.

La difficulté d’être de l’État désormais est de faire face au délitement de la société.

Cette crise est tout d’abord sociétale.

Les citoyens se sentent de plus en plus éloignés des « pouvoirs publics ». L’État est accusé de pallier les conséquences de la crise économique par des politiques économiques illisibles et inefficaces. Et nombreux sont ceux qui critiquent ouvertement l’État, sa centralisation, son interventionnisme, ses services publics…

Il est nécessaire que l’État redevienne un « repère sociétal » pour tous, créateur d’équilibres et de stabilité, porteur d’un ordre dynamique face à un monde déstabilisé. Toutefois, une telle évolution demande du temps et c’est vers un changement durable qu’il faut s’orienter.

La réforme à engager implique de changer les rapports que l’État entretient avec les citoyens, pour parvenir à construire avec eux un véritable partenariat.

 

La crise que traverse l’État est due à plusieurs raisons qui se recoupent pour la plupart.

Il y a l’importance de la Fonction Publique (et le coût qu’elle induit pour la collectivité). C’est l’aspect sans doute le plus délicat pour appréhender le problème de la réforme de l’État.

Il y a confusion sur la perception de ce qu’est l’Etat.

Littéralement, l’État représente l’ensemble des autorités institutionnelles qui font fonctionner le régime démocratique en France. Or aujourd’hui, les perceptions de l’État sont multiples et divergentes.

L’État est souvent vu comme une toute puissance abstraite (l’État « puissance »), composée de dirigeants politiques, de fonctionnaires, et de tout un univers économique et culturel.

Il représente également le pouvoir exécutif et législatif (l’État « décideur »), obligé de prendre en compte l’émergence de l’Europe et la décentralisation.

Il représente aussi le canevas d’actions sociales et collectives (l’État « social »), aujourd’hui concurrencé par d’autres acteurs venus pallier à certaines déficiences.

Enfin, l’Etat est largement mis en scène par les médias, représenté chaque jour par la presse et la télévision (l’État « influence »).

On ajoutera la confusion sur ce qui relève effectivement de l’État, et ce qui relève des collectivités locales, des délégations de service public, voire des entreprises publiques privatisées.

Il résulte de cette complexité, de multiples perceptions et définitions.

L’État n’est plus reconnu ni défini clairement pas les citoyens ; il cristallise au mieux de l’indifférence, au pire, de la méfiance voire de la peur.

La réforme de l’État doit apparaître comme une démarche consensuelle et non comme un choix politique partisan et idéologique. L’évolution de l’État doit se doter d’une vision, partagée par le plus grand nombre et qui soit un outil d’évolution de la culture et des mœurs civiques et politiques. Ce but c’est l’État Partenaire.            

Par Rodet - Publié dans : reforme-etat
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Commentaires

A gauche comme à droite on reconnaît l'impérieuse nécessité de faire des réformes. On constate aussi une incapacité de réformer en profondeur.

 




 



Je propose deux mesures :

 



- Supprimer le cumul des mandats

 



- Limiter tous les mandats à un seul renouvellement

 




 



La suppression des cumuls pourrait permettre que des hommes compétents se consacrent à 100 % à leur mandat comme de vrais professionnels.

 




 



Limiter un mandat à un seul renouvellement permettrait aux élus de ne pas hésiter à faire des réformes même si elles sont impopulaires, à imposer une rigueur budgétaire accrue. Un politique doit accepter l'idée d'être impopulaire.

 




 



Il est évident que les sénateurs et les députés ne vont pas voter ces deux mesures. Elles ne peuvent être adoptées que par référendum.

 




 



Je propose aussi que tout nouveau gouvernement s'engage avec précision dans des réformes et fixe un délai pour les réaliser ou pour démissionner.

 


Commentaire n°1 posté par Ferdac le 19/09/2006 à 18h10
Je partage tout à fait vos remarques et vos arguments.
Commentaire n°2 posté par Philippe Rodet le 20/09/2006 à 10h45

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